Partager l'article ! Bâtir sain pour économiser et polluer moins: En respectant les nouveaux standards, en rénovant intelligemment et en adoptant ...
En respectant les nouveaux standards, en rénovant intelligemment et en adoptant des solutions environnementales, il est enfin possible de construire écologique.
Le coût du CO2
‘Les bâtiments sont responsables de 40% de la consommation totale d’énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial’. Tels sont les énoncés du projet ‘Efficacité énergétique des bâtiments’, publié par le Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable, organisme basé à Genève. Troublant constat à l’heure où le prix des énergies fossiles s’envole et où la Suisse entend respecter les accords de Kyoto, soit baisser d'ici 2012 ses émissions de gaz à effet de serre de 8% par rapport à 1990. Pour y parvenir, la Confédération doit, comme tant d’autres Etats, contenir ses rejets polluants - principalement de CO2 - réduire sa consommation d'énergies fossiles et augmenter la part des renouvelables. Et ce sans sacrifier ni au confort ni à la croissance. Chimère ? Non. ‘80 à 85% de la consommation totale d'énergie et des émissions de CO2 d'un bâtiment proviennent de son usage : chauffage, climatisation, ventilation, eau chaude sanitaire’. L’objectif semble alors atteignable, pour peu qu’on se concentre sur cette question. En 2007, le ‘Plan d’action pour l’efficacité énergétique’ helvète pose, en autres actions, les bases d’une politique d’efficience alliée à un assainissement des bâtiments. L’incitation est soutenue financièrement par les cantons et la Confédération. Des contributions d’encouragement sont ainsi versées pour les installations générant la production d’énergies renouvelables, ainsi que pour les bâtiments remplissant les critères d'efficacité. Notons en outre de multiples hypothèques à taux d'intérêt avantageux, nommées ‘Eco-crédit’ ou ‘Hypothèques Minergie’.
Basse consommation
Permettant de diviser les factures d'énergie par trois pour un surcoût d’investissement limité à 10%, le label suisse Minergie est l’un des plus draconiens d’Europe. Comme ses homologues allemand (Passivhaus) ou français (Effinergie), Minergie anticipe l’avenir en imaginant de nouvelles constructions ayant des exigences énergétiques très élevées. Sans atteindre le but ultime, le bâtiment à énergie positive - c’est à dire produisant autant ou plus qu’il ne consomme - les techniques et équipements permettent de produire des habitats consommant un minimum d’énergie. Tel qu’exigé par Minergie, les performances de ceux-ci ne doivent pas dépasser 42 kWh/m²/an en neuf et 80 kWh/m²/an en rénovation. A titre indicatif, la majeure partie du parc de bâtiments actuel dépasse encore allégrement 200 voire 400kWh/m²/an, générant de fait pollution et dépenses maximales. Offrant la garantie d'un habitat durable, salubre et confortable, Minergie a labellisé en Suisse près de 8400 constructions. Plus de renseignements sur son portail : www.minergie.ch
Rénover intelligemment
Minergie appose son haut label qualité aux nouvelles constructions comme aux bâtiments rénovés. On trouve sur son site, ainsi que sur www.bien-construire.ch, campagne pour les bâtiments de SuisseEnergie mandatée par l’Office Fédéral de l’Energie (OFEN), plusieurs indications essentielles pour réduire la facture énergétique du parc ancien. Le premier point à étudier est l’isolation. L’étanchéité d’une construction doit être maximale. Celle-ci concerne d’abord l’extérieur. L'assainissement de la façade permet de réduire la consommation d'énergie de 30%, la rénovation de la toiture de 10%. A l’intérieur, l’écobilan sera encore amélioré avec l’isolation des plafonds des caves et du sol des combles. La pose de nouvelles fenêtres engendre une économie d'énergie pouvant atteindre 15%. Le site donne divers exemples de gains suivant l’installation de double vitrage sans film sélectif à celui de triple vitrage isolant avec deux films sélectifs. Il est par ailleurs indiqué que le remplacement du chauffage réduit les pertes d'énergie et les nuisances environnementales de 15%. Ce changement donne l’occasion d'installer un système respectueux de l'environnement, tel la pompe à chaleur ou le chauffage au bois, qu’il est possible de combiner au solaire. L’Office conseille également le recours à la garantie de performances de SuisseEnergie, afin que l’installation remplisse toutes les exigences de qualité : consommation moindre, confort d'utilisation élevé et frais d'exploitation réduits.
Vivre le développement durable
Construire autrement implique de modifier ses comportements. Le site www.energybox.ch propose aux internautes une évaluation électrique de leur foyer suivie de conseils, quand www.bien-construire.ch liste des recommandations pour réduire notablement sa consommation d’électricité, d’eau chaude et de chauffage. L’équipement adéquat (maison, électricité écologique, bureau…) peut être obtenu sur des portails commerciaux tel www.topten.ch, entreprise soutenue par WWF Suisse ou l’OFEN. Enfin, certaines solutions alternatives jouent la carte du développement durable. C’est le cas des maisons en bois. En Suisse, 15% des habitations individuelles le sont. Ce mode de construction ancestral redevient en vogue. Très écologique, il est cependant souhaitable de le choisir avec la certification du label FSC, garantissant que le bois provient de forêts légales. Très répandue dans les pays scandinaves, la toiture végétale est un isolant naturel qui, au-delà de l’esthétisme, s’avère étanche et peu émetteur de CO2. Il fixe la pollution, régule la température et permet donc de réduire la consommation d’énergie de la maison. Notons encore les piscines écologiques, qu’un groupe suisse vend à travers l’Europe depuis une quinzaine d’années. Très beaux et verdoyants, ces bassins, faiblement consommateurs d’énergie, n’engendrent aucune pollution chimique, filtration et purification se réalisant grâce à un biotope combinant plantes et minéraux. En somme, de multiples solutions existent. A chacun de les adopter selon ses désirs et ses moyens…