Viva Zapatero !

Sabina Guzzanti
Editions Montparnasse
Qu’en est-il de la liberté d’expression en Italie ? Après la suspension de son émission satirique, Sabina Guzzanti enquête sur les rouages du pouvoir. Un reportage édifiant.
RAIot n’aura tenu qu’un numéro. Le principal tort de cette émission était d’être drôle et de lancer, à la place des journalistes, des vérités foudroyant le système mis en place par Silvio Berlusconi. Le public avait répondu présent pour ce qui promettait de devenir le grand rendez-vous satirique italien. Les politiques en ont décidé autrement. Le documentaire de Sabina Guzzanti rend compte de cette censure.
Menaces. En 1994, Silvio Berlusconi s’impose en Italie. En 10 années, il concentre les pouvoirs et anéantit l’opposition. Lorsque RAIot est diffusé, Sabina Guzzanti, adoptant les traits du Cavaliere, s’en prend directement à lui, ainsi qu’à tous les politique fantoches qu’il a placés au pouvoir. En dépit d’une audience remarquable, l’émission est suspendue. La raison invoquée est que la RAI, la télévision publique italienne, se voit menacée, à cause du sulfureux RAIot, d’une foule de procès par Mediaset, le principal groupe télé privé. Or, la direction de la RAI est nommée par le gouvernement, dont Silvio Berlusconi a pris la tête. Mediaset, qui possède les trois autres grandes chaînes de télévision du pays, est également propriété de… Silvio Berlusconi.
Réaction. Sabina Guzzanti est une battante. Elle interpelle les hommes politiques, tourne en dérision leur langue de bois, les pousse dans leurs derniers retranchements. Son documentaire reste désespéré et optimiste à la fois. Il bat en brèche la corruption, les conflits d’intérêt, les méthodes fascistes et l’obligation de silence. Il demeure en cela un vivant appel à la vigilance et à la résistance.